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16/11/2009-17h00
Avarie, destination Cape Town
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| Trophée Jules Verne 2009 - 2010 |
| C'est à 13h16, lundi 16 novembre, que le skipper de Groupama 3, Franck Cammas, appelait son équipe du Trophée Jules Verne
pour l'informer qu'une cloison de bras arrière bâbord avait cassé, entraînant une avarie importante sur le flotteur. Malgré
la tempête, Groupama 3 fait route à petite vitesse vers Cape Town distante de 1700 milles (3000 km) et abandonne donc cette
tentative sur le Trophée Jules Verne...
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Navigation dans une mer formée quelques heures avant l'avarie.
Un grand crac vers 13h00 (heure française) ce lundi, mettait fin aux espoirs de Franck Cammas et ses neuf équipiers de battre
le record autour du monde de Orange 2 effectué en 2005 (50 j 16h 20'). Une cloison du bras de liaison arrière venait de rendre
l'âme dans des conditions musclées puisque le trimaran géant naviguait au débridé à 90° du vent réel dans un flux puissant
de Nord-Nord-Est et sur une mer agitée. L'équipage savait qu'il fallait aller vite pour rester dans le bon secteur du front
chaud qui les poursuivait afin de descendre avec cette dépression brésilienne vers le cap de Bonne-Espérance. Cette faiblesse
du bras de liaison a provoqué aussi une fissure du flotteur au vent et, devant l'importance des dégâts, l'équipage a tout
de suite arrêté le bateau et conclut qu'il fallait abandonner cette tentative autour du monde.
« On avait
passé la nuit à bien naviguer pour rester devant le front et ce matin, Thomas Coville et Bruno Jeanjean qui étaient sur le
pont ont entendu un grand « clac » : il y avait une petite fissure entre le bras arrière et le flotteur bâbord. Ça bougeait
beaucoup : on s'est arrêté plein vent arrière pour ouvrir la trappe et accéder à l'intérieur. Une partie du collage entre
le bras et le flotteur au niveau de la cloison est cassé. La liaison est donc structurellement diminuée d'au moins 50%. Il
est impossible de réparer en mer à cause des mouvements. En ce moment, on se fait encore secouer : il y avait 35 noeuds de
vent par le travers au moment de l'avarie. Et maintenant, on s'est fait rattraper par le front et il y a 40 noeuds... On
a affalé la grand voile et Groupama 3 navigue vent arrière pour éviter les mouvements brusques. On va établir un plan de route
pour éviter d'avoir trop de vent et trop de vagues. On fait cap au Sud pour laisser passer la deuxième dépression cette nuit
: on repartira demain mardi matin vers Cape Town. On continue les quarts et je travaille avec Stan pour voir ce que nous allons
faire par la suite. L'idée est de rentrer ensuite rapidement en France : l'équipage est partant et si nous pouvons partir
avant fin janvier, c'est encore jouable pour une nouvelle tentative ! » indiquait Franck Cammas lors d'un contact
téléphonique en début d'après-midi.
Présente lors de cet entretien téléphonique avec Franck, la Directrice de la
communication externe de Groupama, Frédérique Granado précise : « Le plus important est que l'équipage soit sain et
sauf. Notre priorité est qu'ils rallient Cape Town dans les meilleures conditions de sécurité. Nous savons pouvoir compter
sur leur expérience et leur détermination pour préserver Groupama 3. Les entendre évoquer un nouveau départ cet hiver en est
la meilleure preuve ».
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Détournement vers l'Afrique
La solution la plus sage est donc de rallier rapidement un port pour estimer plus précisément l'importance de l'avarie et
surtout pour éviter que la situation s'aggrave. Cape Town, à environ 1 700 milles des étraves du trimaran géant, s'impose
donc comme l'escale technique la plus rapide à atteindre dans des conditions de vent et de mer pas trop mauvais. Il faudra
tout de même compter une semaine de navigation à Groupama 3 avant qu'il ne s'amarre, puis réparer avant de remettre cap au
Nord vers la France. C'est évidemment une très grosse déception qui affecte les dix hommes embarqués depuis dix jours
et demi dans cette aventure planétaire. Le trimaran avait confirmé ses redoutables performances en alignant une journée à
plus de 700 milles lors de sa descente de l'Atlantique Nord et en améliorant sensiblement son propre temps de référence au
passage de l'équateur : 5 jours 15 heures 23 minutes !
Au moment de l'avarie, Groupama 3 possédait encore 345 milles
d'avance sur Orange 2 (soit plus d'une demi-journée) et progressait à plus de 25 noeuds de moyenne, en route directe vers
l'archipel des Kerguelen. Ayant accroché une dépression brésilienne depuis dimanche après un week-end particulièrement lent,
Franck Cammas et ses neuf équipiers approchaient à grands pas des Quarantièmes Rugissants. Les voici donc stoppés en plein
élan mais, comme le souligne Franck, plus motivés que jamais pour réparer et se lancer le plus rapidement possible cet hiver
dans une nouvelle tentative.
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