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15/11/2009-16h22
Tout schuss
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| Trophée Jules Verne 2009 - 2010 |
| Les calmes de ces dernières 48 heures sont définitivement passés : avec l'arrivée d'une dépression brésilienne, l'accélération
est foudroyante et cela devrait durer plusieurs jours. Avec, pour exemple, 70 milles de gagnés sur Orange 2 en sept heures
dans la matinée de dimanche.
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 L'attente a été longue et le changement de rythme brutal : bloqué parfois à moins de cinq noeuds jusqu'à la nuit dernière,
Groupama 3 a retrouvé des ailes et fonçait dimanche après-midi à trente noeuds de moyenne ! Le tout grâce à une bouffée de
chaleur tropicale sortie de Rio de Janeiro et qui descend tout schuss vers les Cinquantièmes Hurlants, passant sous l'Afrique
du Sud puis continuant son périple au moins jusqu'à l'archipel des Kerguelen, voire plus...
« Nous avions
identifié avant le départ le fait qu'entre le 14 et le 16 novembre, deux systèmes dépressionnaires allaient se former sur
le Brésil. Il fallait donc prendre l'un ou l'autre car après, il n'y avait plus de passage possible. Il fallait être à l'heure
au rendez-vous... Pour les prochaines 24 heures, c'est le même vent qui va les accompagner, une brise de secteur Nord à Nord-Est
entre 15 et 20 noeuds, qui va leur permettre d'aller vite au débridé. Il y aura juste une petite houle de Sud-Est qui va s'atténuer
alors que le ciel va se couvrir : le mauvais temps va chercher à les rattraper... Des vitesses très élevées vont être au programme
dans les deux prochains jours ! » précisait Sylvain Mondon de Météo France.
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En avant du front chaud« On a eu une période difficile psychologiquement parce que cinq noeuds de vent aussi longtemps, ce n'était pas facile
à vivre... Ce n'était pas évident de sortir de cette zone de calme et puis, ce matin, ça a commencé à accélérer, mais il faut
qu'on se presse pour garder ce vent-là ! On est concentré et surtout contents de retrouver ces grandes vitesses. On se sentait
totalement impuissant en attendant cette dépression, mais il ne faut plus qu'on la quitte car nous ne sommes pas particulièrement
en avance sur son déplacement. Cela va désormais être une course contre la montre avec le front chaud plutôt qu'une course
contre Orange 2 ! » déclarait le skipper de Groupama 3
Comme cette dépression toute jeune grossit en s'alimentant
en air froid polaire au fur et à mesure qu'elle traverse l'Atlantique Sud, elle se déplace assez vite (une trentaine de noeuds)
: l'objectif de Franck Cammas et son équipage est dorénavant de rester juste en avant du front chaud qui génère des vents
réguliers de Nord sur une mer peu formée. Et cette perturbation qui prend aussi du coffre au fil des jours, va repousser les
hautes pressions qui stagnent depuis plusieurs jours au large de Cape Town : sa trajectoire très rectiligne est une bonne
nouvelle pour Groupama 3, mais elle va descendre assez Sud, jusqu'au 50° Sud ! Or à cette époque de l'année, il y a encore
des glaces venues de l'Antarctique qui remontent assez haut... Il faudra pouvoir incurver la route après le contournement
par le Sud de cet anticyclone africain.
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Rendez-vous important« En ce moment, Groupama 3 navigue à près de trente noeuds, avec un ris et foc Solent au vent de travers dans 17-18
noeuds de vent à 135° du vent réel, sous un ciel gris avec quelques trouées de bleu et des cumulus. Mais il y a une houle
de face qui nous fait faire des sauts parfois... Il faut qu'on réussisse à suivre le routage ce qui fait un rythme de vitesse
très élevé. Nous visons un point assez Sud par rapport au cap de Bonne-Espérance car il y a un anticyclone sous l'Afrique
du Sud. Cela nous posera le problème des icebergs, mais côté vent, c'est très favorable. Les prochaines 24 heures sont importantes
pour rester dans le secteur de vent de Nord (allure idéale pour nous), sans se faire manger par la dépression qui est assez
violente ! Ce sera une trajectoire toute droite avec des manoeuvres de réduction de voilure parce que ça va forcir : dès mardi,
nous serons dans les Quarantièmes Rugissants... »
Après la patience, l'impatience ! Mais il ne faut pas
que la dépression accélère trop au risque que Groupama 3 passe derrière le front : la bascule du vent à l'Ouest ne serait
pas favorable car Franck Cammas et ses hommes devraient alors enchaîner les empannages, suivant une route en zigzags plus
longue et moins rapide. Vent de travers, le trimaran géant peut glisser sans forcer et sans trop solliciter l'équipage. Il
y aura suffisamment de manoeuvres à faire dans l'océan Indien ! Ainsi, si tout se combine comme prévu, Groupama 3 va de nouveau
augmenter son avance sur le temps de référence et aborder le Grand Sud avec une marge très positive.
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