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17/02/2008 - 15h58

Empannage en eau turquoise

Trophée Jules Verne
Au Sud de la Nouvelle-Zélande, Groupama 3 réalisait un petit bord à 90° de la route pour se recadrer dans le Nord-Est afin d'éviter le gros de la brise soutenue qui règne sur cette entrée dans le Pacifique. L'avance sur le temps de référence se réduit un peu mais Franck Cammas et ses hommes anticipent sur les conditions à venir... La glisse est au programme !

© Yvan Zedda


A 500 milles de l'antéméridien à la mi-journée, Franck Cammas et ses neuf équipiers ont préféré se recadrer vers le Nord-Est pour ne pas subir une mer trop dure au large de la Nouvelle-Zélande. Avec plus de 35 noeuds de vent et six à sept mètres de creux, l'objectif est avant tout de contourner cette zone de basses pressions générant des vents très forts en se décalant vers le Nord. Certes, le chemin est plus long pour atteindre le cap Horn, mais il est surtout plus sûr et plus sécurisant pour le bateau qui doit encore parcourir plus de 10 000 milles avant Ouessant !
« Nous repartons un peu vers le Nord-Est parce que la dépression nous impose de nous écarter du centre de la perturbation où il y a cinquante noeuds. Nous devons rester dans des mers maniables, car là en ce moment, nous sommes au plus fort du vent... La mer et la houle commencent à s'organiser mais c'est la première fois que nous rencontrons ce type de vagues. Groupama 3 a un comportement exceptionnel dans ces conditions, il ne plante jamais dans la mer même s'il y a des phénomènes vibratoires dans les flotteurs et les bras qui nous demandent de faire attention » précisait Franck Proffit à la vacation du jour.


Rupture de latte

Car sur un tour du monde qui dure plus d'un mois et demi, le but est primordialement de composer avec la mer et le vent pour ne pas fatiguer le matériel et ne pas trop solliciter l'équipage. Groupama 3 a démontré qu'il possédait un potentiel exceptionnel même avec des conditions météorologiques peu coopératives, mais les hommes de Franck Cammas savent aussi que pour aller vite, il faut avoir totalement confiance dans son bateau et qu'il ne sert à rien de le faire « souffrir ». Il suffit d'attendre que la situation devienne favorable pour lâcher les chevaux, ce qui ne devrait pas tarder au vu des prévisions. Le Pacifique en une huitaine de jours, voilà un challenge que le trimaran géant va désormais relever dans des vents qui seront certes encore soutenus de secteur Sud-Ouest, mais qui vont repasser au Nord-Ouest prochainement avec l'arrivée d'une nouvelle dépression dès lundi.
« Nous venons de faire un empannage il y a une demi-heure dans trente cinq noeuds de vent : on a cassé une latte... Nous pouvons faire ce type de manoeuvre à sept équipiers pour que les gars qui sont en repos, puissent continuer à dormir. Il n'y a que les manoeuvres de gennaker qui demandent plus de monde sur le pont et on essaye d'enclencher cette manoeuvre lors d'un changement de quart où tout le monde est réveillé. Ce n'est que la latte « une » qui s'est rompue (en haut de la grand voile, sur la corne) et on a eu un peu de chance mais ce n'est pas très important : nous avons des lattes de rechange... Nous allons attendre un peu pour affaler la grand voile parce que nous avons encore six à sept mètres de creux. »

Ce recadrage vers l'île Stewart devrait ainsi permettre à Groupama 3 de tirer ensuite un grand trait vers le cap Horn sans se soucier des icebergs venus de la mer de Ross grâce à sa trajectoire plutôt Nord, sur le 48° Sud. La grande glissade vers la pointe de l'Amérique du Sud est donc encore au programme pour les jours à venir et il faut s'attendre à des moyennes époustouflantes en ce début de semaine... Car si Orange II avait été plutôt véloce dans le Pacifique, il est désormais acquis que Groupama 3 peut « monter dans les tours » sans effort et gagner encore du terrain dès que la grande houle d'Ouest va le pousser. Et dans une semaine, ce sera déjà le cap Dur !


Les vacations du Trophée

Retrouvez les vacations audio quotidiennes depuis le bateau

Interview de Franck Proffit, Chef de quart et barreur sur Groupama 3 :
« Nous sommes dans une mer bien formée, dans des vagues de 6 à 7 mètres. Nous ne pouvons pas descendre trop au Sud car il y a des vents allants jusqu'à 50 noeuds, nous suivons donc actuellement une route assez Nord pour ensuite empanner et glisser de nouveau. Le pacifique devrait être de meilleure augure pour nous. »

» Ecouter la vacation

« Groupama 3 est très sain et a un comportement exceptionnel dans ce type de mer, à la barre avec 7 mètres de creux, le flotteur plonge mais nous n'avons jamais planté. Nous avons cassé une petite latte lors de notre dernier empannage mais nous pouvons continuer à naviguer sans souci comme ça, nous la changerons lorsque le vent se calmera un peu. »

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