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27/01/2008 - 17h29

« Ca s'en va et ça revient ... »

Trophée Jules Verne
Les conditions météorologiques qui règnent au Sud des Canaries n'ont pas favorisé une progression régulière de Groupama 3, qui oscillait entre sept et trente noeuds selon les grains et les sautes de vent. Mais en milieu d'après-midi ce dimanche, Franck Cammas et ses hommes conservaient tout de même un avantage de plus de 200 milles sur le temps de référence.

© Yvan Zedda


« Ca s'en va et ça revient... », la chanson de Claude François caractérise bien cette fin de week-end au large des Canaries ! Un coup de l'air, un coup des calmes, le tout dans une atmosphère chargée de nuages qui fait dire à Franck Cammas : « Ce n'est pas très simple sur l'eau : on dirait que nous sommes dans un Pot au Noir depuis hier ! Des grains nous ont fait avancer vite la nuit dernière mais ils étaient très instables avec des sautes de vent passant de trente à trois noeuds et 60° de bascule... Vivement que nous touchions des alizés plus établis. Ici, le ciel est très nuageux car nous sommes dans l'axe d'une dorsale proche d'une dépression. On essaye de slalomer entre les grains. »

Cette zone orageuse est la conséquence de la perturbation qui avait déjà provoqué ces plaques de calmes avant l'archipel canarien. Groupama 3 n'en subira plus les effets qu'une fois à la latitude du Cap Blanc (Nouadhibou, frontière Maroc-Mauritanie), normalement avant le coucher du soleil ce dimanche. Ensuite, les alizés de secteur Est à Nord-Est vont heureusement s'installer plus durablement même s'ils ne seront pas très puissants, entre 15 et 20 noeuds. L'avantage de cette orientation du vent sera toutefois important car Franck Cammas et ses neuf équipiers vont pouvoir faire cap vers le Sud-Ouest afin de déborder le Cap Vert à l'Ouest.


Encore des reliefs perturbateurs

Car, comme les Canaries, l'archipel est très étendu en longitude (180 milles) et en latitude (150 milles), avec des montagnes qui atteignent près de 2 000 mètres à Santo Antao (île la plus au Nord-Ouest de l'archipel) ! Là encore, les dévents et les perturbations de la brise s'étendent sur plusieurs dizaines de milles sous le vent et Groupama 3 devra s'écarter au-delà du 26° Ouest pour ne pas trop en subir ces effets... La route du trimaran géant était d'ailleurs significative dimanche en milieu d'après-midi, indiquant que le navigateur et le skipper optaient pour un grand « arrondissement » de ces îles volcaniques.

Cette première moitié de journée de dimanche a été caractérisée par une progression en yoyo assez éprouvante, pour les nerfs comme pour les corps. Il a fallu beaucoup manoeuvrer pour adapter la voilure à ces changements incessants de brise. Mais d'ici quelques heures, Franck Cammas et ses hommes devraient retrouver des vitesses plus élevées.Gageons que ce début de semaine sera plus véloce avec le retour des alizés et, alors que Groupama 3 possède toujours un « coussin » de 200 milles de marge sur Orange II, il est probable qu'il se transforme en « matelas » dès mardi matin...

A 1 300 milles de l'équateur, l'objectif de franchir la ligne de changement d'hémisphère en moins de six jours est toujours d'actualité !


Les vacations du Trophée

Retrouvez les vacations audio du Trophée Jules Verne

Franck Cammas, skipper de Groupama 3 :
« D'un point de vue météo, c'est comme si on était dans un Pot au Noir. Vivement que l'on arrive plus au sud pour trouver des alizés plus établis. Du fait des manoeuvres incessantes, la nuit est éprouvante et mouvementée, difficile de dormir à l'intérieur. C'est un peu apocalyptique cette nuit noire sans lune à 35 noeuds... »

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