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25/01/2008 - 18h27
Eviter la nasse
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| Trophée Jules Verne |
| Avec déjà plus de 600 milles en 24 heures pour ce premier jour de mer, Groupama 3 est parfaitement dans les temps du détenteur
du Trophée Jules Verne, bien que le vent ait sensiblement faibli au large du Portugal. Après une zone de molle vendredi avant
midi, Franck Cammas et ses neuf équipiers sont repartis à plus de vingt noeuds vers les Canaries.
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Première journée idéale pour cette tentative de record autour du monde mais le deuxième jour débutait moins bien
avec un ralentissement passager au large de Lisbonne, et plusieurs zones de vents faibles à négocier avant l'archipel des
Canaries. Bien parti de Ouessant jeudi à 8h 50' 17'' (heure française) Groupama 3 a dû réaliser une « aile de mouette », une
trajectoire en deux temps pour atteindre la latitude du cap Finisterre, lors de sa première nuit de navigation. Un petit détour
dû à la rotation du vent de secteur Nord-Ouest de vingt noeuds le matin, au secteur Est en soirée... Puis la brise forcissait
à l'approche des côtes ibériques pour dépasser les trente noeuds avant de mollir lentement en milieu de nuit. L'avance sur
le temps de référence d'Orange II montait alors à plus de trente milles mais fondait au fil de la descente plein Sud, lorsque
Groupama 3 se voyait contraint de flirter avec une bulle sans trop de vent au large de Peniche.
Moins de dix noeuds
de vent réel, heureusement orienté à l'Est-Sud Est, ce qui permettait au trimaran géant de maintenir un bon rythme jusqu'à
la latitude du détroit de Gibraltar. Mais la situation devrait se corser entre Madère et les Canaries, car une « nasse » de
brises instables et volages guette en raison de la dégénérescence d'une perturbation orageuse à l'Ouest des deux archipels...
La difficulté du navigateur Yves Parlier, travaillant en collaboration avec l'expert météo à terre Sylvain Mondon, est de
trouver le bon passage pour zigzaguer entre ces zones de calmes, avant de retrouver des alizés de Nord-Est. Un flux pour l'instant
poussif, le long des côtes africaines. Mais en navigation comme aux échecs, il faut jouer à cinq coups d'avance et c'est
vers un front argentin que leurs regards se portent, afin d'attraper ce bon « wagon » qui leur permettrait de piquer rapidement
vers Bonne Espérance dès la hauteur de Rio de Janeiro...
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Mise en boucheCette première journée de mer a aussi été l'occasion de s'amariner et de reprendre ses repères sur le pont, son rythme à bord.
« Nous sommes bien rentrés en matière ! La transition terre-mer s'est bien passée et il faut maintenant s'installer
dans la durée. Même si elle était anticipée depuis longtemps, la rupture est franche et il faut entrer dans la peau d'un homme
qui va passer du temps en mer, même si c'est le moins possible... On a eu du vent et de la mer pendant la nuit, ce qui nous
a mis un peu dans l'ambiance du Grand Sud : une bonne façon de s'amariner. Tout se met en place ; les quarts, le rythme, les
repas, le rangement de ses petites affaires... Nous avons encore un peu de mal à bien dormir mais ça vient doucement »
expliquait Frédéric Le Peutrec, lors de la vacation quotidienne avec le PC du boulevard Malesherbes.
En une journée
et demie, les dix hommes de Groupama 3 auront ainsi vécu presque toutes les conditions météorologiques qu'ils vont subir au
cours de leur périple autour du monde : du petit temps au débridé au niveau du Portugal, du vent de travers musclé au large
de la pointe espagnole, du portant dans du vent medium dans le golfe de Gascogne... Reste que l'objectif de l'équipage est
de retrouver rapidement les alizés africains qui font défaut en ce début de week-end. Mais l'anecdote du jour est bien cette
route quasiment identique avec trois ans d'écart, entre le maxi trimaran mené par Franck Cammas et le maxi catamaran de Bruno
Peyron, au jour, à l'heure et au lieu près !
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