Franck Cammas à la conquête de son premier Trophée
Trophée Jules Verne
Quelle impression ressentez-vous depuis votre départ de Cadix en avril dernier ?
« Il est difficile de savoir si nous avons progressé sans avoir de repère mais nous avons découvert Groupama 3 de jour
en jour. Aller sur 24 heures aussi vite est une bonne façon de connaître un bateau ! Je suis maintenant assez serein pour
la suite et particulièrement pour le tour du monde : on a tiré sur le bateau comme nous ne le ferons pas lors du Trophée Jules
Verne. Il y a moins d'incertitudes et plus de connaissances. Tant pour le bateau que pour les hommes : je partirai en confiance.
»
Comment pensez-vous que le trimaran va se comporter dans les mers du Sud ?
« Nous avons pu analyser le comportement de Groupama 3 dans pas mal de conditions avec les records de cette saison et la
seule interrogation concerne le Grand Sud avec une grosse mer de l'arrière : comment ça va se passer quand les trois étraves
vont enfourner ? Le Sud est très spécial et très différent de ce qu'on peut vivre en Atlantique car les pentes des vagues
peuvent être très abruptes. Mais jusqu'à présent, nous avons toujours été maîtres de la situation. »
Quels sont les atouts de Groupama 3 sur le Trophée Jules Verne ?
« Vis-à-vis de la concurrence, Groupama 3 est plus bas sur l'eau mais quand on voit d'autres bateaux qui ont fait le tour
du globe en solitaire comme ceux d'Ellen MacArthur ou de Francis Joyon, on sait qu'on pourra faire le Trophée : il faudra
juste savoir quand lever le pied... Les points forts de Groupama 3 sont sa relative légèreté qui facilite la descente sous
gennaker (Atlantique Nord), sa conception trimaran qui le favorise dans les phases de transition (Pot au Noir), sa capacité
à faire du près (remontée le long du Brésil) et ses performances au vent de travers grâce à sa largeur (moyennes élevées sur
24 heures). Il nous faudra donc gagner quelques heures voire quelques jours en descendant et en remontant l'Atlantique...
»