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26/07/2007 - 16h16

Frédéric Le Peutrec

Deuxième barreur à bord de Groupama 3
Spécialiste du multicoque, du catamaran olympique au maxi catamaran autour du monde, skipper et tacticien sur les trimaran Orma, ce Breton d'adoption possède un coup de patte magique à la barre et revient sur la manière de mener un trimaran géant plutôt réactif dans sa conception...



« Avant d'aller vite, il faut savoir si on garde le contrôle, si on est capable de freiner, comme en voiture ! Si on arrive à bien « conduire » parce que le bateau est réactif, cela permet de meilleures relances, de plus se servir de l'énergie de la vague, de ne pas se faire peur, de ne pas se retrouver en travers... et d'aller vite ! Et Groupama 3 le permet... Cela aide à se sentir en sécurité, à bien se concentrer car quand on avance rapidement, les angles de relances pour conserver la vitesse sont assez faibles et il ne faut pas se rater. Barrer était un plaisir même si c'était concentrant, fatiguant donc cela demandait des relais toutes les heures et demie. C'est un multicoque qui demande de la précision mais qui reste tolérant. Certes dans certaines conditions de mer, le bateau est dur et on en prend plein la figure... Mais les manoeuvres sont plus faciles et donc l'adaptation de la surface de voile aux conditions météorologiques est plus rapide. Les sollicitations physiques sont tout de même plus rudes que sur le catamaran Club Med avec qui j'ai fait le tour du monde.

On a très peu dormi parce que la vie à l'intérieur est difficile. Nous l'avons surtout ressenti lundi avant d'arriver quand il y a eu ces vagues de face... C'est vrai que le volume intérieur est assez réduit pour dix hommes. Il faut savoir vivre en mer en huis clos, faire attention aux autres ! Mais tout le monde à bord a déjà vécu de longues navigations et il n'y a pas eu de problème relationnel entre nous. Certes, cela n'a duré que quatre jours et demi, mais tous les gars savent ce que cohabitation veut dire. Il ne faut pas se stresser les uns les autres, rester efficaces ensemble : c'est un bateau d'expérience ! Et avec les deux parcours record précédents, il y a une réelle complicité entre nous.

Pour ce record un peu particulier par son tracé et sa durée, nous avons modifié légèrement le système de quart à trois puisqu'il y avait un quatrième homme en permanence en stand-by sur le pont pour donner un coup de main aux manoeuvres. Les temps de récupération étaient plus courts mais les quarts étaient moins physiques. Comme nous avions déjà traversé ensemble entre Cadix et San Salvador, les rôles étaient bien établis même si nous avions fait tourner les quarts pour que chacun connaisse mieux les autres en vu d'un tour du monde : tout s'est bien calé. »




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