Avec quatre records sur l'Atlantique depuis le mois d'avril, le skipper de Groupama 3 a fait carton plein en réalisant
ce « rond océanique » parfaitement dans le timing météorologique. Réactions à chaud avant de mettre pied à terre...
Deux records pour le prix d'un !
« On est super heureux ! C'est top car c'est un peu la surprise dans la
mesure où nous ne partons pas avec de grosses ambitions : la météo était incertaine et pas typique d'un record... Il fallait
suivre une trajectoire originale, mais ça a fonctionné grâce à une arrivée rapide. Et surtout d'excellentes sensations au
point que les 800 milles en 24 heures étaient à portée si nous n'avions pas cassé le foil. Nous ne pensions pas arriver à
ce niveau là aussi rapidement : c'étaient nos premiers records... Et celui de la traversée de l'Atlantique était sans conteste,
le plus difficile à battre ! »
Vous avez l'impression d'avoir beaucoup progressé au fil des milles depuis
votre départ de Cadix en avril dernier ?
« C'est difficile de savoir si nous avons progressé sans avoir de
repères mais nous avons découvert Groupama 3 de jour en jour. Aller sur 24 heures aussi vite est une bonne façon de connaître
un bateau ! Je suis maintenant assez serein pour la suite et particulièrement pour le tour du monde cet hiver : on a tiré
sur le bateau comme nous ne le ferons pas lors du Trophée Jules Verne. Il y a moins d'incertitudes et plus de connaissances.
Tant pour le bateau que pour les hommes : je partirai en confiance. »
Vous laissiez entendre qu'en dessous
de trente noeuds, Groupama 3 n'avance plus... A quel moment cela commence à être stressant ?
« En terme d'assiette,
le trimaran est stressant dans les chocs, dans la mer courte. Comme lors de la journée avant d'arriver sur l'Angleterre !
C'est beaucoup plus désagréable sur un grand bateau que sur un multicoque de 60 pieds par exemple. Les vibrations, les coups
de raquette à l'arrière, les chocs sur les bras : c'est très brutal. Mais le trimaran se comporte bien grâce à un bon rapport
entre longueur de coque et hauteur de mât. Dans une rafale, nous ne sommes pas en survie tout de suite... Le stress, c'est
quand on voit le compteur monter au-delà des 39 noeuds ! Je n'avais jamais connu ça de ma vie... Surtout, c'est plus impressionnant
à l'intérieur que sur le pont. Mais nous n'avons jamais pris de risque sur cette traversée. »
Et quelle
est la meilleure vitesse enregistrée ?
« 42,4 noeuds ! Mais normalement, il était interdit de dépasser les
39 noeuds... »
A part le foil et les bannettes cassés, pas de problème technique ?
«
Une fissure sur le bras arrière près du cockpit à cause de la mer très cassante de lundi au large de l'Irlande. Je me demandais
franchement comment ça allait finir parce que c'était très violent ces vagues de face. Groupama 3 rentre en chantier à suivre
pour faire un check-up général et voir s'il n'y a pas de cloisons décollées. »