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24/07/2007 - 18h40
La vuelta victorieuse
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| New York - Cap Lizard - Record 3 |
| D'avril à juillet, Groupama 3 a réalisé un tour de l'Atlantique remarquable, alignant quatre records sur quatre tentatives
! Démarrée en observateur pour valider les options de ce trimaran de 32 mètres mis à l'eau à peine un an auparavant, cette
« vuelta » moderne s'est soldée par une réussite exceptionnelle et surtout par une accumulation d'expériences très enrichissantes
avant le Trophée Jules Verne programmé l'hiver prochain...
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Sans faute ! Le premier record au programme du trimaran géant était une mise en jambes car Groupama 3 n'avait que quelques
milliers de milles au compteur et avait dû effectuer un chantier hivernal pour renforcer quelques éléments structurels. Il
faut dire que ce multicoque de 32 mètres innove par son concept plus inspiré des trimarans Orma de 60 pieds que des grands
multicoques précédents, plutôt lourds et imaginés pour les tempêtes du Grand Sud. Léger, mais modérément toilé, doté d'un
cockpit ouvert et d'un plan de pont très aéré, sobre voir spartiate dans ses emménagements intérieurs, le nouveau bateau de
Franck Cammas et son équipe détonne par rapport au catamaran référence de ces dernières années, Orange 2...
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De Colomb à BarrPremier challenge le 24 avril : le record historique sur les traces de Christophe Colomb, un parcours de 3 884 milles entre
Cadix (Espagne) et San Salvador (Bahamas) détenu par Steve Fossett. Groupama 3 ne va pas seulement exploser ce temps de référence
: il va surtout confirmer son extraordinaire potentiel dans le vent médium qui sévit sur cette route alizéenne. Deux jours
de mieux et un record à 21,7 noeuds de moyenne sur 7j 10h 58m 55s ! A suivre, une petite attente à Miami pour s'adjuger
le meilleur temps vers New York, soit 947 milles à avaler, une nouvelle fois afin de détrôner l'Américain Steve Fossett et
son catamaran géant PlayStation (2j 05h 54m 42s). De nouveau, Groupama 3 ne fait qu'une bouchée de ce parcours longeant les
côtes américaines à 27 noeuds de moyenne... Le rythme est donné : l'équipe de Franck Cammas commence à sérieusement prendre
la dimension du potentiel du trimaran vert !
Plus d'un mois et demi de stand-by à New York commencent à échauffer
les esprits des dix hommes de Groupama 3 qui ne trouvent pas le bon créneau pour ce record mythique établi pour la première
fois par Charlie Barr en 1905 ! Le délai d'attente devient de plus en plus court pour trouver la « fenêtre météo » car le
programme du bateau impose un retour à sa base lorientaise avant le 25 juillet... Un « vasistas » s'ouvre le jeudi 19 juillet
au soir : une dépression à accrocher, un anticyclone à longer et une perturbation à rattraper. Le scénario n'est pas idéal,
mais quitte à rentrer à la maison... Et finalement, le départ est excellent sur une mer plate sous les bancs de Terre-Neuve
: 794 milles en 24 heures alors que le foil bâbord se brise sous la charge ! Vingt-sept milles de mieux que la distance parcourue
par Bruno Peyron en juillet 2006... Et finalement, l'enchaînement est favorable pour suivre une trajectoire un peu plus longue
mais plus rapide pour rallier le cap Lizard au départ d'Ambrose Light : 4j 03h 57m 54s à la vitesse moyenne de 28,65 noeuds,
soit 4h 26m de mieux que le catamaran Orange 2 !
Mission accomplie pour Groupama 3 qui achève sa première série
de records par un sans faute, terminant ainsi la phase de validation avant le tour du monde en moins de cinquante jours, prochain
objectif de Franck Cammas et de ses hommes l'hiver prochain !
Franck Cammas, skipper de Groupama 3 : «
On est super heureux ! C'est top car c'est un peu la surprise dans la mesure où nous ne partions pas avec de grosses ambitions
: la météo était incertaine et pas typique d'un record... Il fallait suivre une trajectoire originale, mais ça a fonctionné
grâce à une arrivée rapide. Et surtout d'excellentes sensations au point que les 800 milles en 24 heures étaient à portée
si nous n'avions pas cassé le foil. Nous ne pensions pas arriver à ce niveau là aussi rapidement : c'étaient nos premiers
records... Et celui de la traversée de l'Atlantique était sans conteste, le plus difficile à battre ! Je suis maintenant assez
serein pour la suite et particulièrement pour le tour du monde cet hiver : on a tiré sur le bateau comme nous ne le ferons
pas lors du Trophée Jules Verne. Il y a moins d'incertitudes et plus de connaissances. Tant pour le bateau que pour les hommes
: je partirai en confiance. »
Jean-Yves Bernot, routeur de Groupama 3 : « Le départ était la partie
la plus facile en s'élançant avec une dépression sur la côte américaine qui a permis d'avoir du vent soutenu et pas de mer.
Cela les a emmenés jusqu'aux bancs de Terre-Neuve et leur a offert le record de distance en 24 heures. Nous avions des prévisions
assez fiables tout de même sur le trajet en projetant un record battu de trois à cinq heures et une possibilité de franchir
la barre des 800 milles en une journée ! Le scénario s'est passé comme dans les livres... La difficulté a été le changement
transitoire entre la dépression américaine et la bordure de l'anticyclone, en incurvant la trajectoire en « aile de mouette
» pour rattraper une autre dépression située inhabituellement sur le Groenland et allant sur la Manche. Il fallait que la
rencontre se fasse au bon moment...
Le temps météorologique est plus court : le record se fait en quatre jours et
demi au lieu d'une semaine il y a quinze ans ! Il est donc plus facile de prévoir les trajectoires des centres d'action. D'autre
part, les moyens météo ont fait d'énormes progrès ces dix dernières années et tous les routeurs comme les marins, ont beaucoup
appris. Enfin, la masse de données est conséquente et maintenant il faut trier au lieu d'aller chercher des informations.
Mais attention : dans les années 80, on battait un record d'une demi journée ou plus ; aujourd'hui, une tentative table plutôt
sur deux à trois heures de moins... Les gains sont plus difficiles à évaluer car ils sont plus petits ! »
Dominic
Bourgeois
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